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Le deuil du printemps

Livre
Bernard Grasset 1997
Disponible
Public :
adulte
EAN :
9782246548010
Contient :
177 p. ; couv. ill. en coul. ; 21 cm
Langue :
français
Notes :
Reliure Biblioteca
Message d'information
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Médiathèque de Mably Adultes Fiction Adulte R PIS Réservé -
Médiathèque de Roanne Arts et Littérature - Adulte R PIS Disponible -

Marie-France Pisier, née le à Đà Lạt (Viet Nam) et morte le à Saint-Cyr-sur-Mer (Var), est une actrice, scénariste et réalisatrice française.

Elle est célèbre entre autres pour son rôle dans le cycle des films de François Truffaut consacrés au personnage d'Antoine Doinel, dans lesquels elle interprète Colette, le premier amour platonique d'Antoine.

Marie-France Pisier naît et passe une partie de son enfance dans ce qui est alors l'Annam, une des composantes de l'Indochine française, dont son père est gouverneur colonial[2].

Elle est la fille de Georges Pisier (30 juin 1910- 13 mars 1986), haut fonctionnaire colonial autoritaire, et de Paula Caucanas (morte le 23 mai 1988[3]), militante féministe, qui à deux reprises se sont mariés et ont divorcé. Tous deux se suicident, Georges par arme à feu en 1986, Paula par empoisonnement en 1988, après avoir contracté un double cancer du sein et subi une ablation mammaire[4],[5].

Son frère Gilles, né en 1950, est un des grands mathématiciens français contemporains, membre de l'Académie des sciences depuis 2002. Sa sœur Évelyne née en 1941, professeur des universités en sciences politiques, est la première épouse de Bernard Kouchner[6].

Marie-France Pisier a été mariée à l'avocat Georges Kiejman (de 1973 à 1979), puis le 13 juin 2009 à Thierry Funck-Brentano (son compagnon depuis 1984), filleul de Jean-Luc Lagardère[7] et actuel directeur des ressources humaines et de la communication de Lagardère SCA, avec qui elle a eu deux enfants, Mathieu né prématurément le 22 mars 1984 et Iris née en 1986[8].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Japonais envahissent l'Indochine. En mars 1945, ils internent la famille Pisier dans deux camps de concentration, Georges Pisier vichyste et maurrassien, dans un camp avec d'autres officiers, Paula avec ses deux filles dans un autre pendant six mois. Rapatriée en France, Marie-France grandit alors en Nouvelle-Calédonie à Nouméa, où son père est affecté en 1950 et y termine sa carrière[9]. En 1956, après la séparation définitive de ses parents (divorcés et remariés), Marie-France a 12 ans et s'installe à Nice avec sa mère et sa sœur[10].

Elle y fait ses études secondaires au lycée de jeunes filles Albert-Calmette puis des études de droit et de sciences politiques à l'université de Nice au début des années 1960[11].

En décembre 1961, pour donner la réplique à Jean-Pierre Léaud, l'Antoine Doinel du court métrage Antoine et Colette (du film à sketches L'Amour à 20 ans[12]), François Truffaut recherche une adolescente, « pas une lolita, pas une blousonne, pas une petite jeune femme. » Elle doit être simple, rieuse et avoir une bonne culture moyenne. Marie-France Pisier, qui fait alors partie d'une troupe de théâtre amateur, est choisie par le cinéaste. Les deux fuguent pendant un mois[13], leur escapade amoureuse inspirera au cinéaste La peau douce[14]. On la retrouve, dix-sept ans plus tard, qui reprend le personnage de Colette dans L'Amour en fuite, dernière aventure de Doinel coécrite par la comédienne en 1978. Elle y croise Léaud/Doinel dans le train et, à la fin du film, dans une scène émouvante, elle croise également Claude Jade, qui joue Christine, successivement maîtresse, épouse et ex-épouse d'Antoine.

Entre-temps, Marie-France Pisier est devenue une égérie du cinéma d'auteur, jouant dans un premier temps devant la caméra de son compagnon Robert Hossein, puis apparaissant dans les univers oniriques d'Alain Robbe-Grillet (celui-ci l’avait repérée en une du magazine Lui le 27 mars 1966, posant en cuissardes[15]), de Luis Buñuel, de Jacques Rivette et, surtout, du jeune André Téchiné qui va devenir son réalisateur fétiche. Grâce à ce dernier, elle obtient deux fois le César du meilleur second rôle, en 1976 et en 1977. En 1976, année de la première consécration, les Césars récompensent aussi l'actrice pour sa prestation dans Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella. Parmi ses autres directeurs : Roger Vadim et Jacques Demy, dans des films qui ne remportent pas l'adhésion.

Son rôle en 1972 dans la série Les Gens de Mogador lui vaut la reconnaissance populaire qui lui manquait[16].

Elle connaît alors plusieurs succès populaires. Partenaire de Jean-Paul Belmondo (qui la surnomme avec affection et déférence « Miss Cinémathèque ») dans Le Corps de mon ennemi d'Henri Verneuil, en 1976, et dans L'As des as de Gérard Oury, en 1982, elle joue l'année suivante une productrice cynique avec Le Prix du danger d'Yves Boisset.

Son prestige lui autorise plusieurs expériences internationales en vedette, notamment le délirant De l'autre côté de minuit, Chanel solitaire dont elle tient le rôle titre entourée de Timothy Dalton et Rutger Hauer, tenant le rôle de Clawdia Chauchat dans l'adaptation du roman La Montagne magique de Thomas Mann.

Elle s'inspire de son enfance en Nouvelle-Calédonie pour son roman Le Bal du gouverneur, paru en 1984. Elle adapte son roman et réalise le film du même titre en 1990. En 2002, elle écrit, réalise et interprète son deuxième film, Comme un avion, qui aborde le décès de ses parents.

Elle joue moins souvent dans les années 1990 mais on retient sa George Sand mise en scène par Andrzej Zulawski (avec Sophie Marceau dans le rôle de sa fille), son émouvante composition de femme en mal d'enfant dans Marion, de Manuel Poirier, et son interprétation de Madame Verdurin dans Le Temps retrouvé de Raoul Ruiz. Sollicitée par les jeunes auteurs, elle tourne ensuite avec Laurence Ferreira Barbosa, Christophe Honoré ou Maïwenn, dans Pardonnez-moi (doublement nommé aux Césars 2007).

Le 24 avril 2011, Marie-France Pisier est retrouvée, vers h 30 du matin par son mari Thierry Funck-Brentano, noyée au fond de la piscine de leur villa de Saint-Cyr-sur-Mer[17],[18]. Sa tête et ses épaules étaient coincés dans un croisillon métallique d'une « lourde chaise en fer forgé » et elle était chaussée de bottes en caoutchouc[19]. Le rapport d'autopsie des médecins légistes n'a pas permis de déterminer les circonstances de la mort. Des analyses médico-légales toxicologiques (« un taux d'alcool important a été détecté par les analyses, qui ont mis en évidence la présence d'antidépresseurs et d'antalgiques à doses thérapeutiques »)[20],[21] puis l'autopsie finale conduisent à évoquer l'hypothèse d'un suicide de l'actrice, qui souffrait d'une récidive du cancer du sein[22] diagnostiqué pour la première fois en 2003, rendant une seconde opération avec l'ablation mammaire inéluctable, comme sa mère[23]. L'autopsie révélant le peu d'eau dans ses poumons suggère[24] que Marie-France Pisier n'est pas morte par noyade, ce qui mène à évoquer la possibilité d'une mort par crise cardiaque ou par hydrocution[25].

L'actrice est inhumée le 30 avril 2011 dans l'intimité familiale au cimetière de la Guicharde à Sanary-sur-Mer[26], dans le tombeau de la famille Duhamel-Brentano[27], allée des Pivoines.

En mai 1968, alors qu'elle a déjà tourné une dizaine de films, elle continue à étudier à l'université de Nanterre, où elle termine son DES de science politique[28]. Moins proche que sa sœur Évelyne des meneurs du mouvement, Marie-France prend sa revanche en aidant Daniel Cohn-Bendit. De nationalité allemande, celui-ci est frappé d'un arrêté d'expulsion du ministre de l'Intérieur[29] le 21 mai, alors qu'il se trouve aux Pays-Bas. Il rentre cependant clandestinement le 28 mai à Paris, puis après quelques jours de clandestinité, décide de repartir. Marie-France Pisier lui teint les cheveux en noir et l'exfiltre dans sa MG décapotable jusqu'au Luxembourg. Ils font ensuite un séjour en Sardaigne et ont ensemble une aventure de quelques semaines[30].

Intellectuelle engagée dans les combats de son époque, Marie-France Pisier est l’une des signataires du manifeste rédigé par Simone de Beauvoir en faveur du droit à l'avortement, paru le 5 avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, et connu sous l'appellation de Manifeste des 343[31].

Le jeudi , un office a été célébré pour elle en l'église Saint-Roch à Paris — bien qu'elle fût agnostique.

Le film de Christophe Honoré, Les Bien-Aimés, lui est dédié.

Le 9 novembre 2014, l'émission Un jour, un destin lui est consacrée[32].