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Belle du Seigneur - Albert Cohen

Belle du seigneur

Cohen, Albert 1895 - 1981
Gallimard

C'est Roméo et Juliette qu'on démystifie et la passion n'est qu'un leurre.

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Au-delà d’une grande œuvre romanesque, Belle du Seigneur est une description mordante de la Société des Nations et une dénonciation de la mentalité bien-pensante de la bourgeoisie.

Solal s’introduit chez Ariane D'Auble, une belle jeune femme qui l’a ébloui lors d’une soirée, pour lire son journal intime. Déguisé en vieillard juif, il se déclare. Mais Ariane, effrayée par ce vieillard hideux, le repousse. Solal jure alors de la séduire, comme il séduit toutes les autres femmes, avec vilénie. Il revoit Ariane et à l’issue d’un immense discours sur la séduction, elle finit par lui céder. Leur amour connaît alors « le délire sublime des débuts ».

Leur passion est fulgurante, élevée et magnifiée par l’écriture d’Albert Cohen qui oscille entre effusion lyrique et distanciation cynique.

Chez lui, il se sourit devant la glace. Elle vivait de nouveau sa chérie. Il y avait eu dans ses yeux un éclat d’intérêt qu’il n’avait pas vu depuis des jours. Ah, si pour la rendre heureuse il avait suffi d’être bon avec elle, tout le temps. Mais la tendresse continuelle, c’était monotone et peu viril, et elles n’aimaient pas ça. Il leur fallait des délices, les montagnes russes et les toboggans de la passion, des passages de la douleur à la joie,… des espoirs et des désespoirs,…

En écrivant Belle du Seigneur, l’auteur désirait peindre « une fresque de l’éternelle aventure de l’homme et de la femme ». Il y sublime l’amour offrant à son histoire le statut chef d’œuvre de la littérature amoureuse du XXe siècle.

Ce roman qui dénonce si violemment le romanesque est donc aussi celui où le mythe de la passion se renouvelle avec une force extrême. Le monologue intérieur est une des constantes dans Belle du Seigneur et constitue une des grandes originalités du roman.

Livre
Roman